Il était une fois...
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...un oppidum gallo-romain qui se vit devenir ville-frontière au Vè siècle, au nord du Royaume des Wisigoths. Retranchée à l'abri d'une enceinte fortifiée, elle est pourtant occupée par les musulmans avant d'être récupérée par les Francs. Dès le Moyen-Age se créent des principautés/provinces régies par des comtes: ainsi apparaît la dynastie des Trencavel (tranduction: "Tranche bien". Oui mais tranche quoi?...suspens...) qui joue un rôle de poids pour la Cité. Ils érigent le château, à l'intérieur de la première enceinte et rendent la Cité florissante en jouant sur les rivalités entre Toulouse et Barcelone. Malheureusement, le comte Raymond Trencavel soutient les Cathares dans la croisade des Albigeois qui a lieu au XIIIè. Obligé de capituler face à Simon de Montfort, il cède la ville au domaine royal. Saint-Louis en profite pour renforcer les frontière et doter Carcassonne d'une deuxième muraille, qui deviendra inutile quelques siècles plus tard. En effet, en 1659, la signature du traité des Pyrénées et l'annexion du Roussillon et de l'Artois, Carcassonne perd sa position stratégique de frontière. Petit à petit, la population quitte la Cité pour s'installer dans la ville en contrebas, où se développe le commerce drapier. Néanmoins, un nombre restreint de militaires demeure, qui limite les dégâts causés par le temps. Au début du XIXè siècle, la Cité est en ruine mais tient encore.
La résurrection
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Alerté, l'écrivain Prosper Mérimée, qui est alors inspecteur général des monuments historiques, classe la cité de Carcassonne et entreprend une restauration qui va durer plus de 70 ans. Il choisit l'architecte Viollet-le-Duc qui a déjà restauré la cathédrale Saint-Nazaire, à l'intérieur de la Cité. Celui-ci étudie l'ensemble et propose une idée révolutionnaire pour l'époque: non pas reconstruire la Cité, mais la consolider et retrouver toutes les couches historiques. Un grand chantier débute, qui exproprie et détruits les maisons parasites, afin de retrouver la Cité originelle.
Seule petite erreur (qui a fait polémique): Viollet-le-Duc a fait poser des toits pointus en ardoise, architecture typique du nord de la France, alors que le sud favorise (quand il y a des toits!) la brique rouge.
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Entrez entrez braves gens!
Par ce matin brumeux, la Cité nous attend, imposante. Nous garons la voiture dans un parking prévu à cet effet, à quelques mètres à peine de l'entrée "Porte Narbonnaise". Il est 10h du matin. Le premier parking est à moitié plein, le prix reste abordable, fonctionnant au forfait (Pour 6h, nous avons du payer 6€). A l'entrée, nous accueille un petit train qui permet de faire le tour extérieur de la Cité avec commentaires à l'appui, le tout d'une durée de 20 minutes et pour 6€. Juste à côté, ce sont les calèches qui attendent le touriste, afin de l'entraîner dans une visite commentée sur le chemin de lices, c'est-à-dire entre les deux murailles (6€ aussi). Je trouve que cela ressemble plus à des charettes qu'à des des calèches, car elle peuvent accueillir 14 personnes... cela me laisse perplexe. Une fois passées les murailles et une raffle de l'office de tourisme sur la droite, nous sommes prêts à nous perdre dans les petites ruelles de la Cité.
Les ruelles
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Recouvertes de pavés qui peuvent s'avérer glissant lorsque l'on porte des tongs comme moi (on ne pourra pas dire que je ne teste pas tout!), elles grimpent et sinuent jusqu'au château. De chaque côté pendent les enseignes des boutiques, assez hétéroclites. En effet, on trouvera peu de souvenirs de Carcassonne! Je distingue deux sortes de boutiques: la boutique à touristes avec les petites épées en plastique, la boutique traditionnelle (biscuits, savons...) qui propose des spécialités du sud. Et les touristes de s'extasier sur les plats provençaux, le nougat de Montélimar ou les calissons d'Aix... mouais...typique quoi... Enfin, au milieu de ce bric à brac, quelques boutiques qui s'accordent parfaitement avec le décor: des habits médiévaux, des épées pour collectionneurs.
Tout au long des rues, s'alignent des restaurants dits traditionnels proposant le fameux cassoulet, celui avec les haricots lingot, la saucisse de Toulouse et le confit de canard, tout ceci cuit au four. Méfions nous des restaurants qui proposent de fausses recettes de cassoulet ou qui ôtent le canard par soucis d'économie. Les restaurants en terrasse installés sur la place Marcou sont agréables certes, mais ce ne sont pas les meilleurs. Je vous conseille plutôt d'aller flairer vers la rue de Plô.
Le Château
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Au nord de la Cité, se dresse le château comtal érigé par les Trencavel. Pour 6,50€ il est possible de visiter librement le château, le musée lapidaire et l'exposition permanente qui se situent à l'intérieur du même ensemble, et de profiter de la visite guidée sur les remparts. Un horaire de visite nous est fixé; en attendant nous allons voir l'exposition permanente qui porte sur la restauration du château et qui s'avère très intéressante. Nous n'avons pas pris l'audioguide que l'on peut louer à l'entrée, et tant mieux, puisque finalement les panneaux explicatifs sont nombreux et très complets. Ils sont même adaptés aux enfants: en dessous du texte pour les adultes, une petite bande dessiné résume le tout de façon claire et drôle. Une idée sympathique que je n'avais jamais vue auparavant.
Nous devons interrompre notre petit tour pour assister à la visite guidée. Une guide énergique nous prend en main, et après nous avoir raconté l'histoire de la Cité, nous fait crapahuter sur les remparts: environs 160 marches montées et descendues, dont un escalier coupe-jambe (!), et un rien de vertige. La vue sur la ville nouvelle est imprenable, et nous devenons experts en styles architecturaux: sous les restaurations de Viollet-le-Duc, apparaissent les bases romaines et les différentes strates médiévales (murs plats, murs bosselés...). Un vrai moment de plaisir!
De retour au château après le déjeuner (le ticket d'entrée est valable la journée), nous finissons notre visite par le musée lapidaire qui présente statues et monuments en pierres issus des environs de Carcassonne. Rien de bien passionnant, surtout que les explications sont réduites au strict minimum et que l'ensemble est assez hétéroclite (bénitiers, colonnes issus d'un cloître, boulets...)
L'Eglise Saint-Nazaire
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Au sud de la Cité, du côté des Hautes Lices, se trouve l'église Saint Nazaire dont l'entrée est libre. Restaurée par Viollet-le-Duc, cette petite église du XIè allie le style roman de la nef au gothique du choeur, et vaut par ses vitraux. Mis à l'abris pendant la guerre, ils sont d'origine (et certains datent du XIIIe!) et du même bleu que ceux de la cathédrale de Chartres.
Après avoir été cathédrale (on y trouve des tombeaux d'évêques), elle porte aujourd'hui le nom de basilique.
Mais Carcassonne c'est aussi...
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- La visite complète des remparts, mais avec la visite du château nous en avions déjà fait une bonne partie.
- Le musée de l'Inquisition et ses objets de torture ancestraux (7,50€)
- La maison hantée (nouveauté qui me paraît une arnaque)
- Le tournoi de chevalerie sympa pour les enfants mais sinon assez bidon (10€ / 5€ enfants). Il permet de se faire une idée sur le déroulement des joutes qui avaient lieu dans les Lices, et sur les costumes des chevaliers. Deux représentations sont proposées tous les jours mais seulement pendant l'été. Personnellement, j'avais déjà vu ce spectacle à Aqualand...
- Le musée de l'école à l'époque de Jules Ferry. Vous pourrez vous entraîner à écrire à la plume! (4€)
- Le Festival, tous le mois de juillet: je suis souvent venue assister à des représentations théâtrales, concerts, opéra dans le décor fabuleux de la Cité. La programmation est souvent remarquable!
- Le feu d'artifice du 14 juillet: l'embrasement de la Cité qu'il faut voir au moins une fois dans sa vie. Un enchantement, une féérie... à condition d'arriver quelques heures à l'avance pour trouver une place ;)
Et à l'extérieur de la cité:
- Le musée du Moyen-Age (5€)
- La promenade en bateau sur le Canal du Midi
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Infos pratiques
La Cité est encore habitée aujourd'hui par près de 1200 habitants, elle abrite même un hôtel de luxe avec restaurant gastronomique. Les voitures des habitants peuvent circuler à des horaires bien précis, mais peu respectés.
La Cité est libre d'accès (bien que nous ayons failli ne pas pouvoir ressortir vu le monde dans l'après-midi!).
La Cité est facilement accessible par l'autoroute des Deux Mers (A61) depuis Narbonne ou Toulouse, la sortie pour la Cité est précisée. En venant de Toulouse, il y a un point de vue magnifique sur l'aire d'autoroute juste d'arriver. Carcassonne possède aussi une gare, un aéroport à 10 min de la ville (en provenance de Charleroi pour la France ou Londres... assez limité) et un port de plaisance.
Plus d'infos:
Site de la ville: http://www.carcassonne.or g
Site historique: http://www.carcassonne.cu lture.fr
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Pour la petite histoire...
On raconte que le nom de Carcassonne proviendrait d'une certaine Dame Carcas, souveraine musulmane qui avait pris la Cité. Assiégée depuis des mois par les troupes de Charlemagne, au bord de la famine, elle eut une idée de génie: comme elle avait demandé qu'on lui apporte les dernières victuailles du château, on lui ramena un cochon et un sac de graine. Elle gava le cochon avec les graines et le lança par dessus la muraille, non dans un geste de folie mais avec la ferme intention de faire croire aux assiégeants que leur grenier à provisions était encore plein. En effet, qui serait assez fou pour balancer de la nourriture en période de famine? La ruse prit, et Charlemagne ordonna le retrait des troupes. Dame Carcas, emplie de joie, fit sonner les cloches de la ville. A quelques lieues de là, un des soldats de Charlemagne qui avait bonne ouïe s'écria: "Entendez-vous? Dame Carcas sonne, Dame Carcas sonne!"
Une bien jolie histoire, mise à part que Charlemagne n'est jamais passé à Carcassonne, que Dame Carcas n'a jamais existé, et qu'aurait fait un cochon dans un garde manger musulman hein? Le nom de Carcassonne provient tout simplement d'une proche colline nommée "Carsac", qui est devenu "Carcaso" en latin.
Au final, j'enlève quelques points dans mon évaluation pour certains aspects trop touristiques: les boutiques de n'importe quoi, les musées et attractions bidons... Cette Cité est un pur petit joyau de l'histoire, qui a parfaitement été mise en valeur: la visite du château et des remparts remplit parfaitement sa mission, bien que le musée lapidaire aurait mérité qu'on lui donne un côté plus attrayant. Un passage dans le musée de l'Inquisition doit s'avérer des plus instructif, et le petit train et/ou la calèche permettent d'avoir une bonne vue d'ensemble. La visite de la Cité de Carcassonne plaira aux grands comme aux plus petits qui s'imagineront massacrer le vilain Simon de Montfort avec leurs épées de plastique, ou qui se verront en princesses éplorées retenues captives dans la tour carrée. Mais par pitié, évitez les poussettes qui bloquent parfois entièrement toute une rue, sont un obstacle aux visites et sont peu maniables sur les pavés irréguliers...
Bonne visite!